Le texte ci-dessous est extrait du livre Sos Suicide-Sos Depression ( à présent disponible au téléchargement dans son intégralité en cliquant sur le titre souligné ).
Etablir un contact avec soi-même
Avant, pendant, après, ces indications sont complémentaires des avis des paragraphes précédents.
Avec vos mains sentez-vous, des pieds jusqu’à la tête. Palpez tantôt doucement, tantôt avec plus de pression, vos pieds, vos mollets, vos genoux, vos cuisses, etc., sans oublier aucune partie de votre corps. Faites-le le plus consciemment que vous le pourrez en prenant votre temps. Laissez venir éventuellement les bâillements, les rots, les pets, les pleurs qui sont les signes tangibles de cette reprise de contact avec vous-même par l’intermédiaire de la sensation tactile. Puis faites quelques pas de marche consciente, c’est-à-dire : en essayant de sentir successivement, le contact du sol sous votre pied droit, puis sous votre pied gauche, en essayant de sentir les mouvements de vos jambes, le balancement de vos bras, la sensation de l’air qui entre et qui sort par vos narines, à l’inspiration et à l’expiration. Puis arrêtez-vous et dans la position que vous voudrez, debout, assis ou couché, les yeux fermés essayez d’être attentif, d’accueillir consciemment un par un, les différents sons que vous entendez, enfin accueillez visuellement les couleurs et les formes des différents objets qui vous entourent.
Revenez à la sensation d’Être ici et maintenant, revenez au calme par l’intermédiaire de vos sensations. Lâchez prise, écartez vos émotions et vos pensées perturbées, incontrôlées. Je reviendrai plus en détail sur ces exercices dans un autre chapitre.
_Respirez consciemment
Soyez attentif à l’air qui entre à l’inspiration et à l’air qui sort à l’expiration. Respirez consciemment quelques instants. Si vous le pouvez, après l’inspiration, bloquez vos poumons et gardez l’air quelques secondes, puis expirez en essayant de sentir votre corps de la tête aux pieds. Faites cet exercice de préférence les yeux fermés.
_Eliminez psychiquement
Oui nous pouvons, nous devons éliminer psychiquement comme nous avons besoin d’éliminer organiquement. Sinon c’est l’encombrement, la constipation psychique, « la grosse tête qui va éclater », le nœud à la gorge, le serrement à l’estomac, l’angoisse de toutes les émotions retenues, refoulées. Nous avons besoin d’éliminer les émotions « négatives » qui sont liées aux événements que nous avons vécus. Cet aspect sera abordé plus en profondeur ultérieurement. Je vous propose comme initiation et surtout comme traitement d’urgence trois exercices possibles tout de suite.
A chaque expiration, de même que vous éliminez le gaz carbonique ainsi que des déchets et des toxines contenus dans le sang, pensez en même temps, que vous rejetez, que vous éliminez, ce malaise que vous ressentez ; malaise sur lequel vous pouvez mettre un ou plusieurs mots : peur - angoisse - souffrance - désespoir, etc. Il suffit que vous y pensiez consciemment à chaque fois que vous expulsez l’air de vos poumons.
En allant aux toilettes, imaginez, pensez en même temps que vous urinez ou que vous faites votre merde, vos matières, à éliminer vos difficultés de tous ordres. Pensez à éliminer « votre merde psychique ».
Allez vers un lavabo. Regardez consciemment le savon quelques secondes, touchez-le de même, sentez-le, ouvrez le robinet en étant conscient de votre geste, écoutez l’eau quelques secondes, lavez-vous les mains consciemment ; au moment de les rincer, en même temps que l’eau va chasser le savon et la crasse, pensez que vos difficultés partent avec l’eau, le savon, la saleté dans les tuyaux jusqu’à la terre.
Ces trois exercices ont pour but de compléter les mesures d’urgence précédentes, si vous vous sentez la ressource de les faire, sinon vous les appliquerez plus tard. Ils ont pour but de réamorcer une élimination psychique indispensable à tout être humain ; élimination qui se fait également par les rêves quand notre psychisme fonctionne normalement.
_Concentrez-vous
Cet exercice peut compléter les précédents et il peut les remplacer à lui tout seul. C’est sans doute le plus efficace pour retrouver votre unité, écarter les phobies, l’angoisse. Les yeux fermés, tracez mentalement, en vous aidant du geste, le signe 1 dans l’espace, ou sur un tableau noir. Concentrez-vous sur ce signe quelques secondes en vous répétant intérieurement, « un » ou « je suis un ».
Autre exercice efficace, toujours les yeux fermés, concentrez-vous sur l’une de vos mains. Pour vous y aider, visualisez que vous envoyez un courant d’énergie vers cette main. Répétez ces deux exercices à volonté, sans forcer. Vos émotions, vos pensées sont de l’ordre de l’émissivité, quand vous vous concentrez sur un objet précis, vous émettez une nouvelle vibration qui permet de lâcher celles qui sont nocives. J’entends par concentration, concentration mentale, les yeux fermés. Je préciserai ces notions.
_Prendre un médicament
Le médicament (calmant, tranquillisant, anti-dépresseur) est utile et parfois indispensable. Il ne résout rien, c’est vrai. Mais il peut être la béquille dont nous avons besoin jusqu’à ce que nous ayons trouvé notre point d’appui en nous même. J’en ai pris moi-même à chaque fois que je voulais éviter de m’éprouver inutilement par un débordement d’émotions, de pensées ou de tensions corporelles. Si vous en avez sous la main, prescrit par votre médecin, utilisez-le dans l’esprit de vous aider à traverser ce moment difficile. Utilisez-le comme une aide, un support, en attendant d’entreprendre une démarche thérapeutique qui vous permettra progressivement de l’abandonner quand vous le pourrez. Si vous avez fait venir S.O.S. médecin ou si, passé cet état de crise, vous allez voir un praticien, n’hésitez pas à demander cette aide médicamenteuse le temps qu’elle vous sera nécessaire.
Je souhaite que l’un de ces conseils pratiques vous ait aidé à passer ce cap difficile.
Maintenant il s’agit de donner une suite à votre démarche. Vous avez besoin d’une aide, pendant quelques mois, peut-être quelques années pour vous aider à vous décharger de votre fardeau et pour vous aider à vous construire. Qui aller voir ? Selon quels critères ? C’est ce que je vais aborder maintenant.
La tentation de se suicider, l’état dépressif, pour quelque raison que ce soit, n’ont rien de honteux. Cela fait partie de toute épreuve qu’un être humain peut être amené à rencontrer un jour dans sa vie.
Il s’agit bien de mourir, mais de mourir au faire, à l’avoir, à tous nos conditionnements insatisfaisants, pour nous donner une chance de renaître, d’être, dépouillé comme l’enfant qui arrive au monde. Aussi essayons d’accepter nos épreuves, de nous laisser couler pour mieux remonter quand nous aurons touché le fond. Si nous en sentons le besoin, cherchons l’aide d’un passeur. Je recommande à ce propos la lecture du livre du Docteur Y. Prigent « l’expérience dépressive », Éditions Desclée de Brouwer. Avec beaucoup de poésie, de foi, il nous fait sentir le bien-fondé et le sens de nos épreuves. Son livre respire la vie et l’espérance.
Quand je dis accepter, cela ne veut pas dire une acceptation passive qui serait proche de la résignation (en fait, une forme déguisée de refus). Je veux dire accepter dans le senti, c’est-à-dire accepter et sentir nos peines, nos souffrances morales, nos émotions, nos douleurs physiques. C’est ce senti et une meilleure compréhension de nous mêmes qui peuvent servir de guide concret à notre évolution.
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